2) Les comptages sur couvain operculé

Varroas dans le couvain
Varroas dans le couvain
Varroas dans le couvain
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Chercher varroa là où il se trouve est pertinent ! Dietemann 2013, Branco 2006

Au printemps notamment, les femelles varroas sont dissimulées dans le couvain operculé.

Jusqu’à 80% des varroas sont présents dans le couvain en saison. On peut donc chercher varroa soit dans le couvain mâle ou le couvain femelle. Cette technique est de ce fait utilisable uniquement en saison apicole et évidemment en présence de suffisamment d’alvéoles de mâle pour le couvain mâle.

Technique : Il est nécessaire de désoperculer 200 cellules de couvain operculé déjà bien avancé de faux bourdons (ou d’ouvrières). Pour cela, l’utilisation d’une herse à désoperculer peut être plus pratique d’utilisation ou tout simplement à l’aide d’une pince mais beaucoup plus fastidieux.

Ces techniques sont chronophages mais elles peuvent s’inscrire dans le cadre d’une stratégie de piégeage dans le couvain mâle avec un comptage rapide au retour du rucher.

piégeage dans le couvain mâle
piégeage dans le couvain mâle
piégeage dans le couvain mâle
piégeage dans le couvain mâle

En lien avec le cycle de développement de l’abeille, les comptages sur couvain mâle sont plus pertinents dans l’évaluation de l’infestation de varroas car le couvain mâle est environ 10 fois plus infesté que le couvain femelle et sa distribution est plus régulière. Ni la quantité de couvain disponible, ni le nombre de varroas n’ont d’influence sur la préférence de varroa pour les cellules de mâles.

  • le temps d’operculation joue un rôle dans la multiplication des varroas. La durée d’operculation pour les mâles est plus longue (15 jours) par rapport à celle des ouvrières (12 jours) ce qui explique que le couvain mâle est plus infesté que le couvain femelle. Un plus grand nombre de femelles varroas émerge du couvain mâle.  Cycle de développement
  • l’attractivité du couvain mâle serait plus importante pour les varroas que le couvain femelle : cellule de plus grande taille, nymphe plus grosse et de ce fait davantage visitée avant operculation par les nourrices, durée d’attractivité pour varroa plus longue.

Boot 1995, Ifantidis 1988, Fuchs 1988 et 1990, martin 1998

Cependant, cette technique réduit son utilisation à la période de présence de couvain mâle plus courte que celui d’ouvrière.

Distribution de la fréquence d’infestation des cellules de couvain femelles (workers) et mâles (drones). FUCHS 1990.

Les cellules de mâles sont plus infestées par varroa que les cellules de femelles.

La mesure de l’infestation par varroa sur le couvain d’ouvrière peut être évaluée sur une colonie forte et en bonne santé. Le couvain femelle est moins parasité que le couvain mâle et la distribution des varroas dans le couvain femelle n’est de plus pas homogène. L’infestation du couvain ouvrière est différente suivant les zones de couvain (zones à hautes, moyennes voire basses densités), ce qui peut poser problème dans l’interprétation des résultats. Les taux d’infestations sont significativement en lien avec le stade de développement de l’abeille ce qui signifie qu’il existe des fluctuations du niveau d’infestation par varroa sur de courtes périodes.

VarroaInfest

Distribution de l’infestation par varroa sur du couvain operculé femelle. Chaque point représente un varroa. Fuchs 1990

La répartition des varroas dans le couvain n’est pas homogène ce qui signifie que l’évaluation de l’infestation par la mesure de l’infestation du couvain d’ouvrière peut être faussée.

Il peut donc être intéressant de réaliser des comptages sur couvain d’ouvrières sur différentes périodes pour se faire une idée plus précise.