e) Mécanismes d’action étudiés

Il existe des liens entre les mécanismes pour l’expression du comportement hygiénique et ceux de l’abeille VSH mais certains mécanismes sont également distincts. Les bases génomiques et les voies fonctionnelles impliquées sont encore incertaines aujourd’hui.

Les processus moléculaires différent dans le cerveau des abeilles VSH probablement en lien avec des stimuli ou des processus en lien avec l’olfaction. Gempe, 2015

POUR EN SAVOIR PLUS

Il y aurait une différence dans l’expression des gènes du cerveau entre les abeilles VSH et non VSH.
Des gènes différents en lien avec l’olfaction sont exprimés à des niveaux plus élevés pour l’abeille VSH contrairement aux abeilles non VSH. Mondet 2015
Un nombre limité de gènes seraient impliqués dans le comportement hygiénique avec parfois une surexpression de certains gènes.  Boutin 2015, Oxley 2010

here La détection par les abeilles de molécules chimiques est aussi fortement suspectée. Des phéromones de couvain pourraient jouer un rôle. Des écarts de composition ou de quantité de ces phéromones pourraient déclencher le comportement hygiénique ou VSH. Mondet 2015
Les cellules operculées libèrent normalement peu de phéromones du couvain. Dans l’étude de Mondet (2016), les pupes de cellules ciblées par les abeilles VSH ont produit une quantité significativement plus élevée de phéromones d’ester de couvain (une augmentation de 130%) par rapport aux autres cellules.

Le β Ocimène est un composant de clé suite au test du couvain congelé.

De même dans l’étude de Mc Afee (2017), suite à des tests sur couvains congelés et mesure du comportement hygiénique, des phéromones de couvain ont été libérées en grande quantité (β Ocimène). La quantité de phéromone était corrélée avec la puissance du comportement hygiénique (HB).

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Les antennes également pourraient avoir un rôle clé dans l’expression du comportement VSH. Ces phéromones ont également entraîné une stimulation des antennes de manière dose dépendante (pas de stimulation chez les abeilles non hygiéniques). Mondet 2015, Mc Afee 2017

De plus, pour les cellules ciblées par les abeilles VSH, un retard de développement des nymphes en lien avec l’infestation par varroa a été mis en évidence. Ces dernières seraient probablement devenues de futures adultes dysfonctionnelles. Ces retards de croissance pourraient envoyer des stimuli permettant de déclencher un signal pour les abeilles VSH. Mc Afee 2017 Mondet 2016

Une explication à ces profils chimiques anormaux pourrait être également les infections virales.

Titre en virus DWV et KBV dans le couvain operculé des cellules non infestées (NI), ciblées (TA) et non ciblées (NT). Mondet 2016

Les cellules ciblées (TA) par les abeilles VSH présentent des niveaux d’infection par le virus KBV très élevés. Le comportement VSH est spécifique et efficace sur le KBV mais n’est pas à priori détecté par des phéromones d’ester de couvain.

Cependant, les abeilles VSH n’auraient pas un comportement ciblé sur les cellules contaminées par le virus DWV.