f) Le saupoudrage au sucre glace

En observant le système de « ventouses » des extrémités des pattes de varroa (voir anatomie varroa) , et la façon dont il se « fixe » à l’abeille, des méthodes de lutte consistant à saupoudrer les parasites de particules très fines de différents matériaux (sucre finement écrasé dit glace, pollen ou farine) ont été testées.

 

Principe

Ces poudres sont secouées au-dessus des cadres de la colonie pour en imprégner les abeilles. La poussière adhère aux ambulacres des acariens et les empêche de s’agripper aux abeilles ou à toute autre paroi. Ils tombent dans le bas de la ruche et meurent faute de pouvoir se déplacer.

Il s’agit d’une méthode mécanique plus que chimique.

La question de l’impact des particules de sucre sur le système respiratoire de l’abeille a été posée, il ne semble pas y avoir d’effet significatif, peut-être grâce à la protection des poils à l’entrée du système respiratoire, ceux-ci bloquant les microparticules, comme celles du pollen lors de butinage. (Fakhim, 2001).

 

En pratique

La quantité de sucre utilisée dans certains essais semble avoir un effet sur les résultats, l’explication viendrait de la rapidité du nettoyage effectué par les abeilles suite au saupoudrage, moins de sucre induit un nettoyage plus rapide et une diminution de l’impact sur varroa. Notez également que cette étude de Fakhim a été réalisée sur des échantillons de 78 abeilles en moyenne. Pas sur une colonie entière !

Cette méthode du saupoudrage rappelle le diagnostic développé (chapitre évaluation infestation) il est intéressant de noter que l’institut de recherche coloss avait constaté une différence significative des chutes de varroas en l’absence de secousses effectuées sur l’échantillon d’abeilles !

Une description (en Amérique) effectuée par (Hamdan, 2009) propose 125g de sucre par colonie sur simple corps de ruche et le double si deux corps, un lange graissé est posé sur le plancher pour récupérer le sucre et les varroas. Il saupoudre simplement sur le dessus de la colonie et étale le sucre avec une brosse (après avoir enfumé en bas puis en haut). Le lange est retiré le lendemain.

Toujours selon Hamdan, la fréquence des applications varie de une fois par mois si on évalue l’infestation à 3 chutes naturelles par jours suivant l’application, jusqu’à une fois par semaine si les chutes sont plus sévères.

 

Avantages et inconvénients

Varroas dans le sucre glace

Si la méthode est reconnue en termes de diagnostic sur échantillons d’abeilles pour mesurer l’infestation, on imagine rapidement les limites sur une ruche en pleine saison, on n’atteint que les varroas phorétiques or il y a des naissances tous les jours (d’abeilles et de varroas). Chiffre important : en saison, 80% des varroas sont dans le couvain, seulement 20% sur les abeilles.

On ne s’attaque qu’aux varroas phorétiques, la technique est donc à répéter régulièrement, donc du temps passé par l’apiculteur.

La méthode peut également attirer les fourmis et en période de disette, stimuler le pillage (action par les abeilles d’une colonie de s’attaquer à une ruche souvent plus faible pour lui voler ses réserves).

Il y a aussi le travail de récupération des langes…

Efficacité ? Les études sont contradictoires à ce sujet. Il y a bien chutes des varroas mais les limites ont été citées.